Bon.
Je précise : pas de spoil dans ce post.
J'ai fini la série.
Et c'était, globalement, une vraie dinguerie.
Les deux premiers épisodes tranchent énormément avec tout le reste de la série, ce qui me fait penser que les producteurs (dont Todd Howard qui est producteur exécutif de la série) ont plus mis leurs sales pattes dans les affaires des scénaristes pour le début de la série histoire de "s'assurer" qu'elle ferait un bon départ. Mais passé ce début mi-figue mi-raisin, c'est une série extrêmement prenante qui donne toujours envie de voir l'épisode suivant.
Côté défauts, l'humour trash y est parfois vraiment trop maladroit pour faire mouche, ce qui fait perdre en potentiel dramatique. Le personnage de Maximus commence en étant un mec un peu détestable et pas forcément très développé. La scène censée dépeindre le jour où les bombes sont tombées est assez décevante graphiquement malgré un build-up conséquent. Certaines bestioles mutantes ne sont pas très crédibles à l'écran et certains moments de détresse physique tournent un peu au ridicule étant donné la facilité avec laquelle ils sont résolus par la suite.
La série se permet toutefois, et ce dès le début, des vannes et une mise en scène plus adultes que ce à quoi on est habitué avec les adaptations de jeu vidéo, ce qui fait toujours plaisir. De plus, même très tôt dans le voyage de Lucy, y a vraiment des dialogues qui arrachent des rires plus sincères que beaucoup de productions du même genre. On pardonnera quelques étrangetés comme des références éphémères à des organisations ou des éléments de scénario qui ne réapparaissent plus jamais ensuite, ce qui peut perdre le spectateur ignorant tout de la licence.
Et puis très rapidement après, c'est l'explosion vers le mieux. On en apprend de plus en plus sur les abris, qui sont un élément essentiel de Fallout, et de plus en plus sur les circonstances qui ont mené le monde à l'apocalypse, ce qui est d'ailleurs extrêmement rare dans les jeux vidéo eux-mêmes. Cela permet de faire passer un message politique vraiment bienvenu dans le contexte actuel, et même surprenant de la part d'Amazon et Microsoft. Les scènes d'action n'envahissent pas les épisodes comme on pourrait s'y attendre, on a de vrais moments contemplatifs et une intrigue relativement bien ficelée.
Les personnages, au début un peu ennuyeux ou cryptiques, même ceux qui semblaient mineurs, deviennent vite attachants et on veut en apprendre plus sur eux, les voir parvenir à leurs fins ou s'améliorer en tant qu'être humains. Le potentiel dramatique des interactions qu'ils ont entre eux décuple au fur et à mesure, ouvrant la voie à des rebondissements aussi agréables qu'imprévisibles.
La Confrérie de l'Acier apparaît trop régulièrement à l'écran à mon goût, et ils sont souvent mis en scène comme des mecs super forts et super badass avec des grosses armes, armures et tout et tout, surtout au début. Étant donné que ce sont essentiellement des connards égoïstes et détestables, ça faisait un peu mal au cœur de les voir glorifiés ainsi, mais la fin de la série, encore une fois, donne à réfléchir à ce sujet et j'ai été content de voir que la suite laisse planer la promesse de rétablir une sorte d'équilibre moral vis-à-vis de la Confrérie, que sa technologie place sur le devant de la scène mais qui génère clairement un sentiment d'impuissance face à la dictature.
Enfin bon, un pur régal. Je recommande, et je me paye le luxe d'affirmer que la série est un excellent tremplin dans le monde de Fallout pour tous ceux qui ne connaissent rien à son univers, car elle reprend tous les éléments essentiels dans le bon ordre et avec finesse pour exprimer, parfois de façon plus habile que les jeux eux-mêmes, tout ce qui définit les Terres Désolées.