Lore Peryite, le Tyran

Svartalfar

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Ah, le Prince aux allures de Dragons faméliques, le Champion des maladies au rôle méconnu et sous-estimé, et aux aspirations grandioses.
Peryite fait parti de ces Princes dont l'action est anecdotique sur Nirn, mais d'une importance incroyable en Oblivion. Il est le seigneur des strates inférieures du Néant, le maître des eaux abyssales du Vide. Mais quel rapport avec la Pestilence ?
Le Seigneur décharné est en réalité beaucoup plus que le maître des maladies et de la pestilence. Certes, il les aime, mais c'est parce qu'elles sont la seule équivalence sur Nirn de ce qui l'occupe au quotidien. Je dois vous prévenir, Peryite, Namira et Nocturne sont de gros morceaux de lore encore mal connus, dont la plupart des informations les concernant restent à l'état de spéculations. Pourtant, impossible de ne pas se les farcir si on veut les comprendre. Alors munissez vous de votre hannap à skouma et d'une bouteille d'aspirine, et on est parti !
Riparius, un des Barons de Bouge-Ainsi, nous explique que le Tyran a pour mission d'empêcher les particules de magie "chargées" de se concentrer en un seul point, ce qui créeraient un cataclysme destructeur. Dit plus simplement, Peryite a pour mission d'éviter la survenue de maelstroms ou de typhons de dimensions spatiales sur les Eaux du Néant (vous avez dit trous noirs ou supernovae ? Vous avez saisi l'idée). Mais que sont ces accumulations de magie chargées, ces "vortex de potentia" comme le dit Riparius ? Pour certains, ce sont des royaumes instables, des domaines d'Oblivion qui se délitent pour X raisons et dont des fragments à la dérive s'agrègent de manière chaotique. Pour reprendre la métaphore spatiale, des corps célestes explosent en des champs d'astéroïdes ou s'effondrent sur eux-même, et lesdits astéroïdes viennent ensuite dérégler des régions entières du cosmos, à la manière du Métal hurlant. C'est cela, le quotidien de Peryite. Il veille à ce que les îles du Néant sombrent sans faire trop de vagues, à ce que l'instabilité se recycle d'elle-même, sans devenir hors de contrôle.
Ironiquement, si l'Oblivion était un corps vivant, Peryite serait chargé d'empêcher les cancers et de purifier le corps par la sanie.

Et les maladies dans tout ça ?
La maladie, c'est le déséquilibre du corps, un ensemble de particules magiques chargées d'intentions malignes. La creatia, l'atome de la magie, chargée d'une volonté (potentia), modelée pour infester un hôte mortel. La maladie est une forme de magie, une version inférieure de la malédiction. Bref, c'est une reproduction, à l'échelle du corps mortel, de ce que Peryite a la charge. L'association du Tyran aux maladies est donc naturelle : il a un rôle parce qu'il y a des maladies à soigner (et en plus, il a l'air de kiffer ça). Cependant, il n'en est pas le créateur : il a choisi ce rôle d'après Riparius, malgré le fait que ce soit une tâche ingrate et infinie. Pourquoi donc ?
La réponse se trouve dans sa forme, celle d'un Dragon : Peryite ambitionnerait d'après certains de devenir le prochain Akatosh dans le futur cycle de Création. Son aspect draconique serait donc une anticipation de son rôle à venir (alors que pour d'autres ça prouve juste qu'il a le sens de l'humour).

Peryite et ses quêtes aux mortels
Ses interactions avec les mortels sont égales à l'image qu'ils ont de lui : maladies, maladies, toujours plus de maladies. En 3E 433 cependant, il demande à son champion de retrouver les âmes égarées de cinq de ses adorateurs, qui ont commis l'erreur de les envoyer en Oblivion en espérant se rapprocher de lui. C'est un comportement assez curieux, comme s'il se souciait d'eux (ou juste de leurs âmes qui pourraient lui échapper, ce qui serait déjà plus compréhensible).

Peryite pour le mod
Bien que le Tyran soit absolument passionnant, il est moins intéressant que d'autres pour Morrowind. Pourquoi ? C'est très simple, le Nérévarine est immunisé à toutes les maladies. On pourrait partir sur les malédictions, puisque le PJ peut s'en choper 3 (peste, vampirisme, lycanthropie), mais je ne pense pas que ce soit la bonne approche.
Une autre idée serait d'utiliser Brise-sort, un artefact qu'il utilise parfois. Dans Morrowind, on s'en sert pour libérer Mastrius, un (très) puissant vampire piégé par Azura, qui nous remercie en tentant de nous tuer. On pourrait imaginer une suite à cet événement, faisant intervenir Peryite, qui nous enverrait en quête avec pour récompense une nouvelle version de Brise-sort (par exemple). On pourrait au contraire imaginer que l'âme de Mastrius a été récupérée par Vaermina pour être torturée, et que Peryite aimerait lui offrir une échappatoire. Le PJ devant être un vampire pour interagir avec Mastrius, ce serait un ressort intéressant que d'utiliser les sbires de la Pourvoyeuse en antagonistes pour la quête du Tyran (sans parler du fait de revoir un ancien ennemi qui nous a trahi).
 

Nérévar42

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Impossible de savoir toutes ces choses sur Péryite en jouant aux jeux. Il doit falloir lire six fois, et entre les lignes, un bout de parchemin perdu dans une bibliothèque lambda pour se rendre compte que le deep lore est aussi bordélique et complexe que la matière grise de MK. C'est très intéressant !

Pour la quête : oui, le Nérévarine est immunisé à toutes les maladies, peut-être même à celle de l'âge (qui en est une en soi, une dégénérescence que le Nérévarine esquive à la grande surprise d'un Péryite dont tout le travail consiste à nettoyer les restes des anciennes choses avant qu'ils ne pourrissent). C'est justement ce qui doit intéresser Péryite ! On peut imaginer une situation où, en s'efforçant de reproduire les effets de la bénédiction (ou malédiction ?) du Nérévarine (dont les créateurs pourraient être aussi bien Azura que Dagoth-Ur, voire le scénario <==> parchemins des Anciens), le Prince chercherait à créer un morceau de Kalpa éternel, à la manière d'un Homme Cupide qui sauvegarde des bouts du repas d'Alduin mais à l'aide d'un sort d'immortalité.

Vous allez me dire : "mon petit Nérévar42, ce soir, tu as fumé la moquette". Et je vous répondrai OUI ! Mais c'est justement parce qu'on ne cesse de se moquer dans le jeu d'un Péryite lamentable, faible, sans personnalité, par rapport à ses confrères et consoeurs, que c'est l'occasion ou jamais de faire mouche avec des fragments de lore qui montrent qu'il est l'architecte d'une anticipation créative allant chercher bien plus loin que les autres Daedras. Il balaye les restes dont personne ne s'occupe, et tout partirait en cacahuète sans lui. Alors il en profite pour les étudier, et comprendre comment devenir celui qui sera éternel, l'Akatosh temporel mais éternel au-delà des Kalpas, celui qui est sans cesser de voir, et peut-être atteindre une forme de CHIM.

Oui. J'ai craqué. Pardonnez-moi. Pour en revenir à la quête, il faudrait aider Péryite en tant que Nérévarine immortel et se soumettre à des expériences existentielles impliquant non seulement des maladies, mais aussi des retournements physiques et métaphysiques, nous serions plongés dans un Oblivion plus sombre, petit et en péril qu'à l'accoutumée. Un monde mourant où notre étincelle scénaristique invincible serait la clé vers l'éternité des concepts.
 
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